On est tout emus d'avoir vu un documentaire sur Francois Truffaut projete a Arequipa ou on est rentres ce matin apres une nuit eprouvante de bus. Le bus en question nous ramenait d'Andagua, un village un peu paume, certains diraient sinistre, mais quand meme bien chouette avec ses terrasses cultivees et ses cones de vieux volcans, avec au centre de certains crateres des offrandes a la Pachamama et des viscaches, ses canaux d'irrigation et ses coulees de lave dans lesquelles on trouve des ruines preincas.
On a fini la une jolie traversee de 5 jours, depuis Cabanaconde en descendant au fond du canyon du Colca, puis en remontant jusqu'a un col a 5100 m. La remontee etait un peu rude, au fond d'une gorge ensoleillee et chaude, sur un semblant de chemin fort caillouteux, qu'il faut retaper tous les ans a la fin de la saison des pluies. En passant, on a pu constater qu'ils ambitionnent d'y faire passer une route (les travaux avaient commence, a la pelle, a la pioche et au juge, de l'autre cote d'un pont suspendu), ce qui parait hallucinant.
Le soir, on campe sur un terrain de foot a Choco ou l'accueil est si froid qu'on n'ose meme pas demander un repas chaud. Sinon c'est a proximite d'une maison, apres avoir demande la permission. C'est la qu'on rencontre le plus les gens, avec notamment la famille de Flora, une jeune fille qui vit a Miña une partie de l'annee avec ses parents, et qui etudie a Arequipa le reste du temps. On echange des cadeaux, des adresses, et on part a l'assaut de la montagne. On pensait faire une etape gentille de 4-5h pour un bivouac vers 4400m, mais en fait on a enchaine une grosse journee, 1500m de denivele et le fameux col tout d'un coup. C'est que le bivouac en question etait plus ou moins occupe par des vachers de Choco en qui on avait moyennement confiance. Du coup on a bivouaque de l'autre cote du col, parmi les lamas.
On passe aussi au village de Chachas, ou on a droit a un terrain de jeu avec une vue magnifique de chaque cote, sur le village un peu enfume le matin, sur une lagune bloquee par une enorme coulee de lave figee.
Dans tous ces villages, la ferveur religieuse parait moins debridee que dans les grandes ciudades : les eglises sont fermees a double tour, et celle de Choco tombe carrement en ruines.
Pendant ces cinq jours, on a l'impression d'avoir bien amuse les gens qui nous voyaient passer avec nos gros sacs.
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