mardi 26 juin 2007

A pied dans les canyons

Nous voici arrives a Cabanaconde dans la vallee du rio Colca, soi disant le plus profond canyon de l'univers.On revient d'un trek de 3 jours a jouer au yoyo entre le fond des rios (2000 m) aux parois tres seches et roses ou jaunes et les villages alentour (jusqu'a 2800 m), seulement accessibles via des sentiers muletiers. La vegetation est luxuriante sur l'ubac, avec plethorede yuccas aux fleurs vert emeraude, des tumbe sans feuilles et parfois avec des fruits bizarres a la chair epaisse et aqueuse, au gout de papaye, des agaves, en fleur aussi et puis dans les endroits plus secs toutes sortes de cactus, des raquettes (les tuna ou...figuiers de barbarie) sur lesquelles sont elevees des colonies de grosses cochenilles blanches et velues, vendues cher pour teindre les tissus en un joli violet bordeaux, des candelabres, des cactus arborescents qui deviennent ligneux avec l'age.

Il y a aussi des acacias, et toutes sortes d'arbustes dont les fleurs paraissent exactement taillees pour les colibris, avec une corolle tres longue pour sucer le nectar. Des lupins mauve embaument et de temps en temps, des eucalyptus, qui paraissent un peu exotiques ici. La region est assez peuplee, malgre son isolement ; pas de route, tout se fait en mules, et a coup de journees de marche. On va de village en village, tous construits d'adobe (mais avec des toits en tole). On s'arrete un soir a Llatica, ou on rencontre Benilda et sa famille ; elle nous propose le couvert, et c'est exquis. Puis on va poser la tente juste en dessous du village au bord du rio.

Le lendemain, arret du soir a l'oasis de Sangalle. Pendant le repas, une enorme etoile filante dechire le ciel ; on croit la fin du monde imminente, mais en fait on nous explique que ca arrive de temps en temps. Le dueño se met alors a nous raconter toute une histoire ou les meteorites sont censees tomber dans la mer, meme si des fois elles s'ecrasent sur des maisons, il nous fait un long rappel de l'histoire du Perou, et disserte sur le progres et la nature... On apprend a la fin quelques mots de Quechua, mais c'est bien trop difficile pour qu'on retienne.

Les jours precedents, on a passe d'agreables journees a Chivay, a effleurer les 4500 m, avec des animaux nouveaux, les viscaches, sortes de lievres a longue queue souvent enroulee, aux postures de marmottes et des hardes de cerfs beige clair, qui fuient dans les falaises a notre approche. On decouvre aussi la yarela, cette mousse rigide dure comme du beton, qui pousse en motte parfois enorme, aux petites fleurs jaunes, et qui sert comme combustible accessoirement. Les arbres des altitudes sont les queñuales, aux troncs rouge et tortueux, mais ils sont menaces car eux aussi servent pour la cuisine.

On croise aussi des tombes pre incas avec de vrais cranes dedans, on se baigne dans des eaux thermales au coucher du soleil, on discute avec Alberto le bedeau en ecoutant de la musique live a la fete de Chivay, ou des petites filles chantent et dansent des morceaux de folk local quand l'animateur qui rrroule les rrr leur laisse acceder au micro.

Et puis on decouvre la montagne la nuit, avec un vrai bivouac sous tente a 4200m direct, a deux pas d'un geyser et de marmites de boue. Le soir, un condor tourne juste au dessus de nous, au cas ou. Quand le soleil se couche, la temperature descend tout d'un coup de 20 degres. 5 minutes apres le coucher du soleil, AJ se tapit dans la tente sous ses edredons, a attendre que passe le soroche, et J concocte le repas le plus infame du monde, a base de pates pas cuites et toutes collees entre elles, sans sel. Ca doit etre l'altitude que les pates ne supportent pas...

Sinon, la nuit il gele bien dehors, mais pas dedans. Le lendemain, balade pour flirter avec les 5000m, mais sans carte ni altimetre, on ne peut pas vraiment le valider. On retrouve yarela, viscaches, cerfs et condors. Les montagnes sont rouge volcan, on marche comme sur la lune.

Demain on s'en retourne pour 8 jours dans la nature, on vous racontera !

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Super !!!! z'avez de la chance. moi y'a toujours la ZI à mes pieds, les camions, les batiments en tole, le macadam, les pylones hautes tension,les silots .. et pis au fond une grooooooooooooooooosse montagne : 1500 m.

bon vous prenez des photos ?

Anonyme a dit…

People should read this.