Lima est-elle une escale gastronomique ?
Lima serait-elle moins invivable qu'on le croyait avant d'y atterrir?
Pour l'instant, les Limeños rencontres sont bien plus gentils que les madrileños, et ce n'est pas peu dire... excepte quelques individus louches sortant d'une voiture cabossee et noire. A notre grande surprise, ce n'est pas la cite grouillante qu'on attendait. Immense, peu dense, fliquee, mais on y respire !
On passe quelques heures avec Isabel, une amie de Zarella, notre voisine de St Jeoire. Elle nous montre la releve de la garde presidentielle sur la Plaza de armas, avec une fanfare militaire incroyable, en uniforme du XIXeme, qui joue entre autres des standards gipsy.
Miracle, la lourde brume humide qui nous collait de partout depuis le matin, et qui est la norme ici en hiver, s'est dissipee. Un grand ciel bleu se devoile, et les montagnes au loin se decouvrent. Il fait trop bon.
A l'ermita San Francisco, encore habite par 25 Franciscains, on a l'impression d'etre revenu a Madrid, au monastere des Descalzos. Normal, c'est le meme ordre ! Meme ambiance baroque et assez chargee en oeuvres d'art. Memes magnifiques azulejos. Meme patio, mais ici avec d'enormes avocatiers et un curieux arbre au tronc herisse d'epines avec des ballons de rugby qui pendouillent (un tumbe ?). Ici l'espace visitable est bien plus grand et labyrinthique et il y a des catacombes remplis d'os disposes esthetiquement, en cercles, en rangs serres, par type, les femurs avec les femurs.
En sortant, premier dejeuner luxueux au "Machu Pichu" : ceviche (la specialite du bord de mer au Perou, poisson cru marine dans du jus de citron avec des epices, l'ensemble du jus c'est le leche de tigre, souverain contre les cuites), et Chicharon de camarones pour AJ (beignets de calamars, en quelque sorte).
On arpente donc Lima assez agreablement, les mains serrees sur le portefeuille en kangourou pour Gero. Des constructions basses (tremblements de terre obligent), des balcons de bois, de vieilles demeures coloniales qui ont tenu le choc, cotoient des cubes de beton plus neufs. Des galeries de petites echoppes, des coups de klaxon, et les Limeños qui marchent, discutent, se signent devant les eglises ou ils prient abondamment a toute heure.
La visite d'un musee (prive, cher) d'art precolombien est un pretexte a une viree en collectivo. Impossible de savoir quel bus va ou. Alors on demande de l'aide et un hombre, charmant, nous arrete le bon. Evidemment, les bus se tirent la bourre, deboitent, pilent, redemarrent, le moteur appuye par de grands coups de klaxons et les appels des receveurs qui informent sur les destinations. Le musee Larco, abrite dans un joli jardin de bougainvillees ou viennent laper les colibris, est exceptionnel. On voit l'evolution de l'art ceramique a travers les ages peruviens, avec les melanges entre les differents styles, les innovations. Une expo temporaire accueille une collection de bijoux et de masques funeraires scintillants, en or le plus souvent.
18h, la nuit tombe, il est temps de prendre le bus pour Arequipa (14h de voyage de nuit si tout va bien).
On n'aura meme pas pris le temps d'aller deguster le famoso Pisco Sour de l'Hotel Bolivar, ni de visiter le quartier branche de Miraflores.
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